LE RAP DES COUTURIERS DE LA CITÉ

Yo, c’est la chanson de Gucci, qui adore la banlieue avec ses champs en friche et ses vieux murs de lépreux. Quelques anciennes affiches nous parlent d’un monde démoli pour une barrette de hachich. Fils d’immigré, loin d’être intégré, je suis de la cité, mais, passe-moi un micro, et je serai un artiste, passe-moi un flingue et je serai un terroriste, passe-moi un stylo et je deviendrai un baveux. C’est ça la banlieue, et même si tu me passais une aiguille, je serai un couturier à la Franck Sorbier comme dirait Shy’m la sœurette.

C’est la balade de Gucci et pourtant, là où j’habite, c’est dangereux ! Mais c’est quand même là où les ados ne rêvent que des fleurs d’Alessandro Michele, le démon de Midi comme le démon des Alibis, ce que je veux ici c’est du Gucci, un point c’est dit.

Dans la cité, nous nous souhaitons le bonjour dans l’espoir de jours meilleurs car ici on veut du Noten. En dépit des mois, qui finissent mal et des soucis sans point final et même si on est musulman, on veut porter du Jacob.

92 soupapes dans le moteur, un peu de Tween cam pour voyager avec un Tweed de Burberry, je roule en Benz avec portes papillons pour m’envoler en poussière d’ange. Dévasté par la mort de Malcolm X, je veux lui chanter du Virgile mais le seul que je connaisse c’est le Abloh que ma biche voudrait porter. C’est du lourd comme Bérnard-Henry, je suis riche et, quand je dors, je pense à Dior. Pourtant, je vis dans les poubelles de la cité, la casquette Vuitton vissée sur la tête, c’est pas pour le grand bourge du Châtelet, le Seigneur comme on dit, mais pour les Keufs et leur « Cam Errera » dans une capital ouverte; mais par pour nous.

C’est pas les banlieues chics ici, avec de jolies maisons ou personne ne soupçonne ce qu’il se passe à l’intérieur, car derrière ces murs de bobos vous trouverez des parents rongés par la culpabilité, des épouses fatiguées de se faire battre, des femmes amoureuses auxquelles on a menti et des enfants violés par leur oncle, et ça n’arrive jamais chez nous !

Nous n’avons rien en commun que le sac Gucci du marché aux voleurs, un must des cités, et cela ne rime pas avec Cartier, et au loin sur les plateaux des barres building de Villiers-le-Bel brillent les lumières de la ville avec sa Dame de Fer, pas pour nous faire rêver, mais pour que dans la nuit on ait pas peur, Yo

Anonymode.

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s