LA HAINE DE LA VIEILLESSE

Le désir de vivre très longtemps et de repousser au plus tard l’échéance de la mort, ce désir qui défie le temps, qui a suscité tant d’interrogation, mobilise aujourd’hui de nombreux chercheurs s’inscrivant dans les mythes d’origine de la pensée hébraïque. La longévité stupéfiante des premiers patriarches de la genèse apparaît comme un signe d’élection et la vieillesse comme un exploit réalisé avec la volonté de Dieu. Tel que Mathusalem, qui vécût 969 ans, les vieillards sont porteurs de l’esprit divin, choisis pour être les messagers de Dieu, les guides du peuple.

C’est la haine de la vieillesse ! Celle qui discrimine, qui vous met au banc des accusés. Vieillir n’apparaît plus ainsi comme le destin humain inéluctable, mais comme une faute de goût, un manque de respect à l’égard d’autrui !

Il s’agit de lutter contre le vieillissement et les directeurs de salles de gym, des firmes pharmaceutiques et des chirurgiens habiles qui mettent à votre service leurs capacités professionnelles sur un marché tellement lucratif que l’histoire montre qu’en fonction de ses valeurs et du modèle de l’homme idéal chaque société se fixe ou sécrète une représentation plus ou moins positive de la vieillesse, d’ailleurs, pas forcément en accord avec la place occupée par les anciens. Aujourd’hui, il importe de rester jeune le plus longtemps possible. La vieillesse n’est guère valorisée et la puissante image d’un corps performant et sculpturale fait légion.

Mais l’imaginaire, fondement de toutes les cultures inscrit la vieillesse, comme toutes les grandes interrogations sur l’être humain, au cœur même de son mythe sans forcément le savoir, sans même le vouloir puisque la civilisation industrielle pensait pouvoir se débarrasser de tout son arsenal mythique. Mais, nous voilà imprégnés par les grands récits des commencements mais aussi par l’histoire qui telle qu’elle est utilisée pour expliquer ou pour justifier l’actuel

Les mythes grecs, qui, comme le récit biblique, ont abreuvé l’imaginaire de la pensée occidentale et continuent très largement à façonner notre inconscient, n’ont pas manifesté beaucoup d’amour pour la vieillesse. C’est dans la malédiction qu’elle puise ses origines. Lorsque Zeus envoie Pandore sur terre afin de punir les hommes de leur orgueil à vouloir égaler les dieux, celle-ci vient semer « les maladies cruelles que la vieillesse apporte aux hommes ».

A une époque où les bimbos travaillent leur fessier pour les exhiber sur les médias sociaux, elles recherchent paradoxalement un « Sugar Daddy », suivant leur expression, qui veut dire un vieil homme riche dont la fortune peut les entretenir, et compte tenu de leur âge, elles ne pourront pas utiliser leur séant comme un objet obscur de leur désir. Une contradiction dans les faits, mais aussi à l’encontre de mes explications ci-dessus. Alors, à quoi bon réfléchir plus longtemps, car selon Georges Braque “La vérité n’a pas de contraire.”.

Anonymode,

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