CHANEL, SOUS LES PAVÉS, LA PLAGE

Voici, enfin, le vrai visage de Karl sans fard et sans lunette de soleil; Karl choisit l’île de Sylt pour son décor saisonnale, où, en février 2009, Roman Polanski a tourné plusieurs scènes de The Ghost Writer (un message peut-être). C’est la plus grande et la plus septentrionale des îles allemandes de la mer du Nord. Karl, un matin arrive à son bureau et pose sur sa table un grand bocal de cornichons (vide) et commence par le remplir jusqu’au bord supérieur de pierres d’un diamètre situé entre 6 et 7 cm. Cela, une fois terminé, il demande si le bocal est rempli a son équipe, tout le monde répond que oui.

Karl prend alors un sachet rempli de gravillons et le verse dans le bocal. Il agite le tout pour égaliser, et voilà que le gravier remplit tous les espaces encore vides. Il demande alors une fois encore si le bocal est maintenant bien rempli. Hilare et intrigué, l’atelier répond que oui.

Alors, il se saisit d’un petit sac de sable et en verse le contenu dans le bocal. Évidemment, le sable se fraie un passage dans les interstices qui sont encore disponibles, au grand contentement de l’assistance. « Voyez-vous » dit-il « j’aimerais que vous compariez ceci sur notre existence.

Les grosses pierres représentent les choses véritablement importantes, comme la famille, le couple, la santé, les enfants. Ces choses qui font que même si vous perdez tout le reste, votre vie n’en demeurera pas moins remplie. Les gravillons représentent, quant à eux, les choses qui sont importantes, mais non essentielles, comme le travail, la maison, la voiture.

Enfin, les grains de sable peuvent être comparés aux choses sans importance. Si vous commencez par mettre le sable dans le bocal, il ne restera plus assez d’espace pour le gravier ou les pierres, ainsi va la vie. Donc, si vous gaspillez votre disponibilité et votre énergie pour les petites choses, il ne vous restera jamais assez ni de temps, ni de place pour ce qui est essentiel à votre bonheur.

Le sable est futile mais essentiel car, sans lui, il n’y a pas de mouvement des vagues. Karl est comme la marée, il revient toujours au rivage de la simplicité et de la beauté. Il est comme un océan de couture, la vague de la couture, et si son esprit caméléon aime le soleil et le sable, il est finalement comme son travail d’aujourd’hui un vrai sage qui apprend à tout le monde. Il nous donne aujourd’hui enfin son vrai visage, c’est-à-dire celui sans fard et sans artifice d’un vieil homme qui aime la mode car il incarne celle-ci.

« Ainsi, Dorian Gray et son portrait commencent progressivement à se dissocier l’un de l’autre ». Chaque collection, chaque manifestation du jeune couturier d’autrefois accentuent le contraste sur son visage. Voici le nouveau le vrai visage de Karl : jamais dans la tendance mais toujours dans la bonne direction.

Anonymode

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