LES FOSSOYEURS DE LA HAUTE COUTURE

Il s’appelle Pierre Agneau, Didier Grumler et bien d’autres… Ils avaient annoncé la mort de la « Haute Couture » en leur temps. Mais, qui s’en souvient aujourd’hui ! Les écrits restent alors que les paroles s’envolent. Des visionnaires d’une profession qui s’expliquent aujourd’hui en 140 caractères et leurs cerveaux formatés aux médias sociaux ne dévoileront jamais l’échelle microbienne de leur connaissance. Voici en ce qui me concerne quelques mots qui décrivent cette activité que j’ai découverte il y a quelques années maintenant, et qui, depuis tout ce temps, continue à faire ma joie.

Elle est comme un soleil qui perce soudain les nuages pour faire apparaître un paysage ou une ville inondée de lumière et, en une seconde, transforme tout sans rien changer. La Haute Couture transfigure non pas le réel, mais la perception que nous en avons. Au premier show, soudainement, elle nous baigne d’un rayon irrésistible et, avec une telle force, que celui-ci nous rend indéniablement heureux comme une piqûre d’épingle du bonheur. Et, là, en dehors de toutes considérations esthétiques, elle fait vibrer ma réalité. C’est ainsi que le beau et l’émotion se rejoignent dans l’évidence d’une vie sublimée par une robe que certains appellent le « Vêtement »

La beauté suffit pour me redonner du sens à cette vie malheureusement passagère. Nous vivons dans un monde où le beau et le moche se confondent et nous n’avons pas la capacité de pouvoir les séparer, car nous voulons donner d’abord aux hommes de Cour pour en tirer quelques substances que la vie nous impose. La Haute Couture, pour une semaine d’un petit moment bref de bonheur comme un orgasme furtif qui, pendant une semaine, va me donner la force de continuer, un point qui n’est pas « g » mais de feston. La Haute Couture, comme un médicament face au reste de ce monde qui tue pour tuer et, qui, après avoir tué, ne dit même plus pardon.

La Haute Couture, pour un instant de bonheur et d’oubli des jours mauvais, illumine le ciel du désespoir et, alors, pendant une semaine, mes nuits s’enflamment de rêves et de douceur des présentations de Sorbier, Dior, Givenchy, Chanel, et des autres tournoyant dans une brume de chaleur et quand, le lendemain, je marcherai les yeux fixés sur mes pensées, la fièvre retombera et, là, j’attendrai, patiemment, le solstice d’hiver pour à nouveau renaître.

Anonymode

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